lundi 13 novembre 2017

Nuit Blanche sur ARTE pour les 20 ans de La Lucarne ce soir



Venus, confession à NU
« La Lucarne » éclaire la nuit d’ARTE.
Venus, confession à NU

Depuis deux décennies, « La Lucarne » éclaire la nuit d’ARTE. Dédié au documentaire de création, ce rendez-vous unique dans le paysage télévisuel est une fenêtre ouverte sur la diversité des réels, des vécus et des imaginaires.

Depuis deux décennies, «La Lucarne» éclaire la nuit d’ARTE. Dédié au documentaire de création, ce rendez-vous unique dans le paysage télévisuel est une fenêtre ouverte sur la diversité des réels, des vécus et des imaginaires. S’il s’est immergé dans le foisonnant vivier de «La Lucarne», un esprit curieux aura pu remonter le Mékong avec Apichatpong Weerasethakul (Mekong Hotel, 2015) ; suivre, de Saint-Pétersbourg à Rotterdam, le rêve d’Europe d’Alexandre Sokourov (Élégie de la traversée, 2001); plonger avec Chantal Akerman dans les eaux saumâtres du racisme au Texas (Sud, 1998); feuilleter l’album de famille d’Arnaud des Pallières dans une Amérique subjective (Poussières d’Amérique, 2011) ; ou, grâce à Tsai Ming-liang, méditer à travers les rues de Marseille dans les pas d’un moine bouddhiste (Le voyage en Occident (2013). Terre d’accueil sans frontières de la création documentaire et atelier d’expérimentation, portée par Luciano Rigolini pendant presque deux décennies, «La Lucarne» donne à découvrir des films qui se jouent des conventions narratives pour mieux troubler la grammaire du regard. 

Épaulées par leurs collègues des chaînes ARD et ZDF en Allemagne, ses chargées de programmes actuelles à Strasbourg et à Paris, Sabine Lange et Rasha Salti, s’attachent, souligne cette dernière, « à rester à l’écoute du monde et de ses enjeux existentiels, poétiques et professionnels, car les conditions de production et de diffusion importent beaucoup.» 


Vita Brevis

20 ans et pas une ride

Pour célébrer ses 20 ans, le rendez-vous prend ses quartiers nocturnes pour trois lundis consécutifs avec, au programme, de bouleversants inédits signés Wang Bing (Mrs. Fang, ou les derniers instants d’une villageoise chinoise), Clément Cogitore (Braguino, dans l’intimité d’une famille de la taïga sibérienne), Chico Pereira (Donkeyote, un road-movie à l’américaine en compagnie d’un âne et de son maître), Thierry Knauff (Vita Brevis, évocation poétique de la fragile danse de la vie et de la nature), et Mette Carla Albrechtsen et Lea Glob (Vénus : confessions à nu, film choral dans lequel des jeunes femmes parlent sans détour de leur sexualité). 
Une poignée de pépites emblématiques de l’histoire de « La Lucarne » , comme Nobody’s Business d’Alan Berliner ou Les Ténèbres de Thomas Tielsch, sont également au menu. « Nous voulions mettre en avant à l’antenne la diversité, la pluralité et la complexité de grands films diffusés dans « La Lucarne », précise Rasha Salti. Si « La Lucarne » est un lieu d’expériences unique, elle se devait aussi de posséder un espace d’exposition de son patrimoine. C’est pourquoi, elle s’affichera désormais sur arte.tv et sur la chaîne Youtube d’ARTE. Une sélection de films incontournables, de ces pépites qui ont « créé » le rendez-vous et qui sont trop souvent introuvables, seront enfin disponibles pour plusieurs mois, voire plusieurs années. Née d’un désir de partage avec un large public, « La Lucarne » veut rester grande ouverte sur l’univers artistique prolifique, pluriel et polyglotte qui est le sien, à l’opposé du formatage. Une forme d’« insurrection », ajoute Rasha Salti, qui « doit se renouveler sans cesse pour tracer de nouveaux chemins. Nous essayons d’y veiller en résistant aux épiphénomènes de mode comme à nos propres indulgences.»


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