mercredi 1 novembre 2017

"D'après Une Histoire Vraie" psycho thriller kitsch de Polanski



‘D’après une histoire vraie’’ le dernier film de Polanski, un excellent thriller psychologique entre fiction et réalité
Synopsis 
Delphine est l’auteur d’un roman intime et consacré à sa mère devenu best-seller. Déjà éreintée par les sollicitations multiples et fragilisée par le souvenir, Delphine est bientôt tourmentée par des lettres anonymes l’accusant d’avoir livré sa famille en pâture au public. La romancière est en panne, tétanisée à l’idée de devoir se remettre à écrire. Son chemin croise alors celui de Elle. La jeune femme est séduisante, intelligente, intuitive. Elle comprend Delphine mieux que personne. Delphine s’attache à Elle, se confie, s’abandonne. Alors qu’Elle s’installe à demeure chez la romancière, leur amitié prend une tournure inquiétante. Est-elle venue combler un vide ou lui voler sa vie ?
Note 3,5/5
Thriller psychologique, très bien mené, bien joué. On est fan d'Eva Green !

Critique
La première version du film, présentée à Cannes avait fait un "bide" retentissant ! Depuis le film a été remonté, et c'est doncune version différente qui est présentée au public dans les salles.
D’entrée tout a l’air clair : Delphine ( Emmanuelle Seigner) est l’auteure d’un best-seller. Mais elle est maintenant dans une période de doute (l’angoisse de la page blanche), qui la fragilise. Une femme qui se fait appeler Elle (Eva Green) se rapproche d’elle. Elle aussi est dans la littérature : elle est nègre pour des personnalités. Elle est donc  un « ghost writer », clin d’œil évident au grand film eponyme de Polanski. Elle prend rapidement un ascendant sur Delphine. Son apparence diabolique, sa détermination colérique ne laissent aucun doute sur ses intentions :  phagociter Delphine, victime au demeurant facile (un peu trop fragile). Pourtant  François (Vincent Pérez) la met en garde au début du film : « Tu te mets en danger, quelqu’un prend possession de toi »
Eva Green fantastique 

L’histoire semble donc être écrite ! Il ne reste plus qu’à nous laisser emporter en suivant la progression de l’inexorable délabrement psychologique et physique de Delphine. A finir par nous demander si Delphine sera poussée dans l’escalier très raide qui mène à la cave pour y être enfermée,  ou être presque certains qu’Elle met du poison dans le bouillon et dans le chocolat. La fin du film évoque le film de Rob Reiner, Misery, adapté de Stephen King, ce que Polanski assume !
Mais le film est bien plus subtil ; c’est à un  jeu de miroirs entre réalité et fiction animant les deux personnages féminins, à un enfermement dans lequel ils se murent peu à peu, et enfin à une double manipulation auxquels on assiste. Presque tout l’univers de Polanski est là, celui du film Le locataire, de Ghost Writer, de la Neuvième porte. A chaque fois la confusion entre l’imaginaire du personnage principal et la réalité qui l’entoure.
Olivier Assayas cosigne le scénario,  Pawel Edelman est chef opérateur, (le même depuis Le Pianiste), Alexandre Desplat signe la musique (pour la quatrième fois) et ici une partition un peu faible. Même s’il y a moins de tension dans ce film que dans ses autres thrillers, D’après une histoire vraie est un film de Polanski.



Auteur : Bernard Gendreau

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