lundi 23 octobre 2017

Lieux saints partagés, grande exposition au Musée National de l'histoire de l'immigration

Mur à Bethléem




Un regard éclairé et subtil sur la société contemporaine


Sous- titrée « Coexistences en Europe et en Méditerranée » l’exposition offre, du 24 octobre 2017 au 21 janvier 2018 de nouvelles clefs pour comprendre la complexité de la société, des rites et des croyances.
Dédiée à un large public, Lieux saints partagés réunit des œuvres d’art, des objets ethnographiques des photographies, des films documentaires, et des archives.
Présentée au MuCEM à Marseille en 2015, l’exposition a fait l’objet d’une profonde réécriture afin d’élargir le propos à l’Europe.

Livret jeune public
Le Musée national de l’histoire de l’immigration a conçu un parcours jeune public accessible aux enfants à partir de 6 ans. Dans un livret dédié, les enfants trouveront des informations sur les lieux saints des trois religions du livre et un plan qui lui permettra de retrouver des cartels spécialement écrit pour lui dans l'exposition.


Mini-site de l’exposition
Le Musée a créé un mini-site de l’exposition, où vous pourrez toutes les informations sur l’exposition, et des ressources pour approfondir votre visite.

Parcours de l’exposition
Une Terre sainte saturée de sens
Berceau des monothéismes, la Terre sainte est marquée par l’exacerbation des frontières, la concurrence des corporations religieuses et l’enchevêtrement des lieux saints. Pourtant, on y
observe encore – au niveau des pratiques plus que des dogmes – des formes de porosité interreligieuses.
Ainsi à Hébron, en Cisjordanie, deux sites liés à la vie d’Abraham relèvent de deux attitudes antagonistes, le partage ou la partition : La chênaie de Mambré et le Caveau des Patriarches. D’autres lieux encore montrent en contrepoint des situations de mixité pacifiée comme le mont
Carmel
partagé depuis le Moyen-âge par les trois monothéismes.

Musulmane priant dans le Caveau des Patriarches
Des îles carrefours
Certaines îles en Méditerranée sont au carrefour des migrations. Nœuds de circulation, elles sont propices aux interactions entre fidèles de religions différentes.
Ainsi l’île de Lampedusa, trop souvent associée aux dramatiques traversées de la Méditerranée par les migrants, fut, du XVIe au XVIIIe siècle, un lieu de trêve, d’approvisionnement et de refuge.
Une grotte y abritait un oratoire dédié à la fois à la Vierge et à un saint musulman. En Tunisie, l’île de Djerba demeure l’un des derniers cas de croisement pacifique entre juifs et musulmans.
Au large d’Istanbul sur l’île de Büyükada, le monastère grec orthodoxe de Saint-Georges attire chaque 23 avril (fête de Saint Georges) et chaque 24 septembre (Sainte Thècle), plusieurs dizaines de milliers de musulmans qui viennent faire des vœux matérialisés par des messages, des dessins, des cierges, des bobines de fil, des pièces de monnaie, etc.

D’une rive à l’autre
Le parcours approfondit les questions de circulation humaine et religieuse sous l’angle de l’immigration, notamment en France. Des cultes catholiques implantés au Maghreb lors de la colonisation ont généré des croisements interreligieux jusqu’à nos jours.
Les sanctuaires mariaux fondés pendant la colonisation de l’Algérie, sont devenus des lieux multiconfessionnels, à l’instar de Notre-Dame-d’Afrique à Alger ou de Notre-Dame de-Santa-Cruz à Oran.
Les visiteurs découvriront le sanctuaire de Sante-Rosalie, sur les hauteurs de Palerme, que visitent avec dévotion à la fois des tziganes musulmans et des Tamouls hindous issus de l’immigration.

Bâtisseurs de paix
Louis Massignon
(1883-1962) est l’un des plus grands islamologues et arabisants français du XXe siècle. Surnommé le “catholique musulman” par Pie XI, il est secrètement ordonné prêtre en 1950 et devient un précurseur du dialogue inter religieux. En 1954, il fonde en Bretagne le pèlerinage islamochrétien des Sept Dormants, « pour une paix sereine en Algérie ».
Né à Rome en 1954, le jésuite italien Paolo Dall’Oglio a dédié sa vie à la compréhension de l’islam. Son confrère syrien, Jacques Mourad a été prisonnier de l’« État islamique » pendant plusieurs mois, avant de s’échapper vers l’Irak.
André Chouraqui (1917-2007), célèbre traducteur de la Bible et du Coran, a œuvré toute sa vie au dépassement des clivages confessionnels en France, en Israël et dans le monde.

Projet House of One ; collage
House of One
L’exposition s’achève sur l’évocation d’initiatives novatrices de fondation de lieux hybrides qui
virent le jour dès le XXe siècle. Le Corbusier et Fernand Léger ont ainsi travaillé sur un projet de lieu œcuménique sur le site de la Sainte Baume (Provence), qui n’a jamais été réalisé.
Dernière initiative en date : House of One des architectes Kuehn et Mavelzzi abritera à la fois une synagogue, une église et une mosquée de dimensions identiques, reliées par une salle commune.
L’édifice verra le jour en 2018 à Berlin.


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