jeudi 26 octobre 2017

La Cinémathèque Française maintient sa grande rétrospective Polanski

roman Polanski

Roman Polanski, nous l'avions croisé à la Philharmonie de Paris, lors de la soirée dédiée à la musique au Cinéma. La Cinémathèque maintient sa rétrospective et son cycle consacré au grand réalisateur, cycle qui commence le 30 octobre 2017.

L’œuvre de Roman Polanski combine grand spectacle et vision personnelle, cet intérêt particulier pour les innovations et  les explorations psychiques, le fantastique et le sens du détail. Polanski est tout cela à la fois !




D'Après une Histoire Vraie 

Mais l'affaire Weinstein fait ressortir les accusations 
Ainsi l'association Osez le féminisme avait accusé la Cinémathèque française de "participer à la culture de l'impunité des violences masculines" et avait appelé à un rassemblement lundi soir lors de l'inauguration de la rétrospective, en présence du réalisateur. Il doit présenter son dernier film "D'après une histoire vraie" avec Emmanuelle Seigner et Eva Green (d'après le roman de Delphine de Vigan) lors d'une séance privée. 


Polanski jeune avec sa première épouse 


La Cinémathèque maintient sa rétrospective Polanski 


"Alors que Roman Polanski vit et travaille en France depuis plus de quarante ans, alors que ses films sont systématiquement soutenus par le CNC (dont le dernier en date D'après une histoire vraie) et représentent souvent la France dans les festivals internationaux (qu'on se souvienne du Pianiste, Palme d'Or 2002 et Oscar du meilleur réalisateur 2003, 7 Césars, d'innombrables autres prix), c'est tout naturellement que La Cinémathèque française lui consacre une rétrospective, offrant à un public jeune la possibilité de compléter sa connaissance d'une œuvre cinématographique majeure de notre temps, dans les meilleures conditions techniques et avec tout l'accompagnement critique nécessaire.
Fidèle à ses valeurs et à sa tradition d'indépendance, La Cinémathèque n'entend se substituer à aucune justice. Son rôle de Musée du cinéma ne consiste pas à placer qui que ce soit sur un quelconque piédestal moral. Ceux qui nous reprochent cela ne mettent jamais les pieds dans nos salles et ignorent tout de nos missions de conservation et de transmission.
Nous ne décernons ni récompenses ni certificats de bonne conduite. Notre ambition est autre : montrer la totalité des œuvres des cinéastes et les replacer ainsi dans le flux d'une histoire permanente du cinéma. De ce point de vue, l'œuvre de Polanski, entre films de genre et confessions douloureuses, raconte rien moins que le XXe siècle, ses innombrables tragédies et leur nécessaire et souvent sublime mise en spectacle. Elle nous paraît donc plus que jamais indispensable.
Nous n'avons donc rien à débattre avec des gens qui exigent de La Cinémathèque française l'abandon de sa mission fondamentale : montrer inlassablement l'œuvre des grands cinéastes."

Ce communiqué est signé par : Costa-Gavras, Président, Olivier Assayas, Nathalie Baye, Bruno Blanckaert, Denis Freyd, Jean-Paul Rappeneaumembres du Bureau du Conseil d’Administration
Frédéric Bonnaud, Directeur général





Roman Polanski - Bande-annonce from La Cinémathèque française on Vimeo.

Laure Salmona proteste 

"Le timing" de cette rétrospective est "très mal choisi", estime sur franceinfo la militante féministe Laure Salmona, auteure de cette pétition et secrétaire générale adjointe du collectif Féministes contre le cyberharcèlement. "Et ce n'est pas tant la rétrospective que l'invitation du réalisateur franco-polonais à l'inauguration qui choque. (…) Arrêtons de lui dérouler le tapis rouge", ajoute-t-elle.
franceinfo : Cette rétrospective tombe mal dans le contexte actuel ?
Laure Salmona : Effectivement, le timing est très mal choisi. Et ce n'est pas tant la rétrospective que l'invitation du réalisateur franco-polonais à l'inauguration qui choque. On pourrait ne pas lui rendre hommage, ne pas lui dérouler le tapis rouge, ce serait la moindre des choses.
Selon vous, on ne peut pas séparer l'homme de son œuvre ?
Je suis tout à fait d'accord pour que l'on continue à regarder les films de Roman Polanski, sans être obligés de le voir parader un peu partout, à la télé, à l'Académie des beaux-arts. On peut séparer l'homme de l'œuvre, faisons-le ! Arrêtons de l'inviter, arrêtons de lui dérouler le tapis rouge.
La Cinémathèque française défend sa décision et affirme qu'elle "n'entend se substituer à aucune justice". C'est un argument recevable ?
Non, ce n'est pas un argument recevable. On parle quand même d'une personne accusée de pédo-criminalité. La dernière victime avait 10 ans au moment du viol. Au total, cinq victimes se sont manifestées. Il y a un moment où il faut arrêter avec l'impunité des hommes célèbres. Trop d'hommes célèbres ne sont pas inquiétés dans leur carrière, alors que ce sont des criminels, qui ont violé des femmes et des enfants.



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