mardi 17 octobre 2017

Jean Rouch, homme-cinéma. Belle exposition de la BNF consacrée à un cinéaste original

Jean Rouch et Damouré Zika sur le tournage de Jaguar, 1954.
Jusqu’au 26 novembre 2017, la Bibliothèque nationale de France (BnF) présente, en co-production avec le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), l’exposition « Jean Rouch, l’Homme-Cinéma » consacrée au cinéaste-ethnographe à l’occasion du centenaire de sa naissance. A travers une nouvelle écriture cinématographique, dynamique et spontanée, ce passionné d’Afrique a inventé une manière sans précédent de raconter les hommes et le monde. Cette rétrospective unique associe à la fois ses archives manuscrites et sonores, des photographies et plus d’une cinquantaine d’extraits de films dont certains sont visibles pour la première fois du grand public.
Béatrice de Pastre, commissaire de l'exposition, nous a dit qu'elle avait souhaité faire une exposition tous publics et qui soit en grande partie visible depuis le parvis de la bibliothèque situé en contre-haut ; une sorte d'hommage à Jean Rouch l'amoureux des grands espaces comme ceux de la savane africaine.
L’exposition est gratuite.

La passion de la culture africaine
Jean Rouch filmant, Ghana, 1954
Jean Rouch (1917-2004) est très tôt passionné par la culture africaine qu’il découvre lors de sa première affectation au Niger en tant qu’ingénieur des Ponts et Chaussées.
De retour en France, il suit des cours d’ethnographie et retourne ensuite en Afrique avec la compagne de route qui le suit désormais partout : sa caméra.
Avec ce nouvel outil, faisant la part belle à l’improvisation, Jean Rouch lie d’une manière unique le cinéma et les sciences humaines.
En 1946-1947, il descend pour la première fois les 4 200 km du fleuve Niger, de sa source jusqu’à l’océan Atlantique. Après cet exploit, quelques missions, le tournage de films et l’obtention de sa thèse, il participe à la création du Comité du film ethnographique, qui siège au Musée de l’Homme.
Il crée également en 1969 le Groupe de Recherches et d’Essais Cinématographiques (GREC), destiné à produire des premiers courts métrages, avec le soutien du CNC.


Une longue carrière cinématographique
Réalisateur de plus de 180 films, Jean Rouch enseigne le cinéma en France, à Nanterre ou à Chaillot, en Afrique, aux États-Unis et suscite de nombreuses vocations de cinéastes à travers le monde.
Parmi ses films les plus marquants : Les maîtres fous (1954-1957), Moi, un Noir (1957-1959), prix Louis-Delluc ; Chronique d’un été (1960-1961), co-réalisé avec Edgar Morin, prix de la Critique au Festival de Cannes ; La Chasse au lion à l’arc (1958-1965), Lion d’or au Festival de Venise ; Petit à petit (1968-1971) ; Cocorico! Monsieur Poulet (1973-1974) ; Madame l’eau (1992-1993), grand prix international de la paix au Festival de Berlin.

Une nouvelle écriture cinématographique
Jean Rouch, Mammy Water, Ghana, 1966. Photogramme
Se jouant des règles de l’objectivité, Jean Rouch assume de manière enjouée sa subjectivité dans les relations avec ceux qu’il filme. Toute sa vie il est resté attaché à un cinéma léger, à des caméras mobiles et autonomes, et à un travail collectif. En cela aussi, il préfigure et interroge les pratiques de l’image qui sont les nôtres aujourd’hui.

Une exposition unique, un parcours entre films et archives

« Jean Rouch, l’Homme-Cinéma » est la première exposition qui mêle photographies, documents d’archives et films, permettant ainsi d’entrer dans son univers, de voir ce qui l’a passionné, ému, pour découvrir et mieux appréhender cet homme d’images car Jean Rouch a laissé de nombreuses traces de son travail : ses films bien sûr, pour la plupart sauvegardés et restaurés par le CNC, mais aussi ses archives écrites, photographiques et sonores, en grande partie conservées par la BnF et la Fondation Jean Rouch.

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