mardi 31 octobre 2017

Carré 35 : magnifique et émouvant documentaire sur la mémoire familiale


Tout commence sur le tournage d’un film. Le décor ce jour-là est un cimetière en Suisse. Marchant dans les allées, le réalisateur Eric Caravaca se retrouve dans ce qu’on appelle le « carré enfant ». Devant ces petites tombes parsemées pour certaines de jouets noircis par le temps, émaillées de quelques mots gravés sur la pierre qui parfois ne comporte qu’une seule date, une tristesse profonde se fait jour. Une tristesse qui en fait n’est pas la sienne. 

Note : beau et émouvant film sur un terrible secret de famille.




Mais alors à qui appartient-elle ? Et pourquoi vient-elle à ce moment ? C’est ce que l'auteur découvre progressivement en réalisant ce film. Carré 35 est l’histoire d’un secret de famille. L'existence et la disparition de sa soeur ont été cachées. Et puis, comme dans toute famille, les secrets finissent par filtrer. 

Carré 35 est un lieu qui n’a jamais été nommé dans la famille du réalisateur ; c’est là qu’est enterrée sa sœur aînée, morte à l’âge de trois ans. Cette sœur dont on n'a rien dit, et dont les parents n’avaient "curieusement" gardé aucune photographie. C’est pour combler cette absence d’images que ce film se fait jour. Croyant simplement dérouler le fil d’une vie oubliée, il ouvre une porte dérobée sur un vécu ignoré, sur cette "mémoire inconsciente qui est en chacun de nous et qui fait ce que nous sommes."

Personnage central, enfermée dans le déni, sa mère est bouleversante lors d'entretiens face caméra où elle refuse de révéler tous ses secrets. Mêlant films en super 8, interviews, extraits de documentaires, Eric Caravaca nous invite à un voyage bouleversant au sein de son histoire familiale. Un très beau film documentaire !






Qui est Eric Caravaca ?


Il fait sa première apparition à l’écran dans le film de Diane Bertrand Un samedi sur la Terre (Un Certain Regard, 1996). En 2000, il est récompensé du César du Meilleur Espoir Masculin pour son rôle dans C’est quoi la vie ? de François Dupeyron, réalisateur qu’il retrouve en 2002 pour La Chambre des officiers (nomination Meilleur Acteur aux César 2002) et en 2004 pour Inguelezi


Eric Caravaca 


Attaché au cinéma d’auteur, auprès de réalisateurs comme Jean-Pierre Limosin, Siegrid Alnoy, ou Werner Schroeter, il tourne en 2003 sous la direction de Patrice Chéreau Son frère. Il passe ensuite derrière la caméra pour réaliser son premier film Le Passager, présenté à la Semaine Internationale de la Critique à Venise en 2005, Grand Prix du Jury et Prix du Public au Festival de Belfort, Prix du Meilleur Réalisateur au Festival d’Ourense. Après avoir été en 2006 à l’affiche de deux films engagés, La Raison du plus faible de Lucas Belvaux et Mon Colonel de Laurent Herbiet, il travaille dans un registre plus léger avec Catherine Corsini dans Les Ambitieux, puis avec Jérôme Bonnel dans J’attends quelqu’un et avec Josiane Balasko dans Cliente. 


Il tourne ensuite avec Costa-Gavras, Cédric Anger et Julie Lopes Curval. Il s’illustre aussi dans un registre plus dramatique dans Ici bas de Jean-Pierre Denis en 2012, 24 jours d’Alexandre Arcady en 2014, et dans Les Brigands de Pol Cruchten en 2015. Récemment il a collaboré avec Matthieu Delaporte, Antoine Cuypers ou encore Philippe Garrel dans L’amant d’un jour, présenté à La Quinzaine des Réalisateurs 2017.


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