mardi 28 février 2017

20TH CENTURY WOMEN : comédie nostalgique avec Annette Bening et Elle Fanning

20TH CENTURY WOMEN : jolie comédie nostalgique


20TH CENTURY WOMEN :  Une jolie comédie dramatique avec des grandes actrices, en particulier, Annette Bening et Elle Fanning

Synopsis

Santa Barbara, été 1979. Oasis de calme proche de Los Angeles. L’époque est marquée par la contestation et d’importants changements culturels. Dorothea Fields (Annette Bening), la cinquantaine, élève seule son fils Jamie (Lucas Jade Zumann) . Elle décide de faire appel à deux jeunes femmes, pour que le garçon, s’ouvre à d’autres regards sur le monde : Abbie (Greta Gerwig), artiste punk à l’esprit frondeur qui habite chez Dorothea, et sa voisine Julie (Elle Fanning) , 17 ans, aussi futée qu’insoumise…



(Elle Fanning) , 17 ans, aussi futée qu’insoumise…


Note 3/5 
: Scénario léger sur une petite période américaine maintenant loin de nous. Annette Bening, magistrale, domine la distribution, bonne mise en scène et bande son de qualité.

Critique : un triptyque d'actrices éblouissantes 

Annette Bening

Après avoir évoqué la vie de son père dans le film Beginners, Mike Mills se penche avec nostalgie et tendresse sur celle de sa mère et sur sa propre adolescence à l’été 1979.


La nostalgie c’est celle de l’époque d’avant Apple (fondé en 1976), celle qui « précède l’apparition du virtuel, où il fallait se déplacer pour rencontrer les gens ». c’est aussi celle d’avant le sida.

De la part de Dorothea, compter sur deux jeunes femmes, pour que son fils s’ouvre à d’autres regards sur le monde, c’est un peu léger comme projet ! Car, à part une découverte de la culture punk, et des discours sur la sexualité féminine, elles n’ont pas grand-chose à lui offrir.





Avec Annette Bening, Greta Gerwig, Elle Fanning


Le sexe comme préoccupation principale 

Les scènes tournent beaucoup autour du sexe et de la frustration sexuelle des personnages. A commencer par Julie, un rien perverse quand elle vient dormir (c’est une habitude) avec Jamie ; mais interdiction de la toucher parce qu’ils doivent rester amis. On la verra souvent (un peu trop) monter ou descendre l’escalier extérieur de la maison et franchir la fenêtre de sa chambre. Mike Mills revisite-t-il ainsi Roméo et Juliette en inversant les rôles ? Un peu plus perverse, Julie raconte sa vie sexuelle à Jamie, assez bien remplie, mais qui la laisse insatisfaite et désabusée. L’escapade amoureuse des deux n’aboutira pas. Avec ces scènes Mike Mills évoque la frustration d’un adolescent.

La frustration sexuelle atteint son acmé lors du repas de groupe au cours duquel la conversation tourne autour du cycle féminin, de manière plus ou moins crue. Faut-il imaginer le jeune Jamie torturé ?

Pour Abbie, la vie sexuelle s’annonce mal puisque, bien que guérie d’un cancer, on lui a annoncé qu’elle n’aurait pas d’enfant. Son approche amoureuse maladroite de William (Billy Crudup) traduit un mal être. C’est elle qui initie Jamie à la culture punk.




Le personnage central, c’est Dorothéa, la mère de Jamie (Annette Bening). On ne saura de sa vie amoureuse que son instabilité puisqu’elle dit qu’elle ne sort jamais avec un homme pendant très longtemps. Son fils la décrit à travers ses contradictions les plus marquantes : elle fait l’inventaire de ses actions tous les matins, elle fume des Salem parce qu’elle sont censées être meilleures pour la santé, elle porte des Birkenstocks parce qu’elles sont modernes, elle lit « Les Garennes de Watership Down »… et elle sculpte des lapins en bois dont on ne sait pas si c’est une occupation valorisante. Le lien avec son fils est très fort, et on sent qu’il le reste dans l’esprit du Mills d’aujourd’hui.

Le seul personnage adulte masculin du film est William : homme à tout faire, il rénove la maison de Dorothea dont il devient une figure familière. Si Dorothea le considère tout d’abord comme un père de substitution pour Jamie, celui-ci n’a guère d’affinités à son égard. En revanche, les femmes projettent leurs désirs sur lui.

Dans le contexte crépusculaire du mandat Carter, quand l’Amérique doute d’elle-même, Mills nous livre ses impressions sur des événements qui ont eu lieu il y a bientôt 40 ans. Sa nostalgie risque de ne pas être partagée par beaucoup de spectateurs ; on s’intéresse un peu, on sourit parfois, mais tout cela est bien loin. Par exemple, le débat sur les mérites comparés de Talking Heads (ce groupe punk rock progressiste a été dissous en 1991) et de Black Flag (dissous en1986) peut nous amuser mais il ne nous concerne pas.



Annette Bening, magistrale, réalise une performance remarquable.

La mise en scène, soignée, s'offre quelques effets psychédéliques, clins d’œil à la mode des années 70. L’esthétique du film s’inspire de la passion du punk pour le collage, pour cette propension à déchirer, puis à réunir des éléments de notre quotidien pour créer une composition pleine de connotations.

Par ailleurs, pour Mills : « La musique est un personnage à part entière dans 20th Century Women et on y entend toutes sortes de registres musicaux. A mes yeux, il s’agit avant tout d’un film punk, à la fois dans sa narration et ses contradictions humaines. »

D’après son fils, maman Mills désirait rencontrer Bogart au paradis. Espérons qu’ils y soient tous les deux !


BG 

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