lundi 16 novembre 2015

L’Hermine : comédie romantique sur fond de procès d’assises







Note frenchtouch : 3/5 bien mais pas magistra(L)



Salué à la Mostra de Venise le 12 septembre dernier (prix du meilleur scénario et prix d’interprétation pour Luchini), l’Hermine est réalisé par Christian Vincent. Le cinéaste retrouve Fabrice Luchini 25 ans après leur première collaboration dans La Discrète. Le titre du film fait référence à la tenue que portent les magistrats de l’ordre judiciaire, dont l’épitoge est bordée d’hermine. 

Fabrice Luchini est un juge dur, désabusé


Michel Racine, interprété par Fabrice Luchini, est le Président de la Cour d’Assises de Saint-Omer, redouté et désagréable. En instance de divorce, il va retrouver Ditte Lorensen-Coteret, interprétée par l’actrice danoise Sidse Babett Knudsen, médecin anesthésiste qu’il a rencontrée plusieurs années auparavant et dont il est secrètement tombé amoureux. Elle fait partie du jury dans le cadre d’un procès intenté contre un père accusé d’infanticide. Tout naturellement, le magistrat va abandonner sa froideur liée à son métier pour se montrer sous un jour beaucoup plus doux et romantique. On est vite touché par cet homme discret et solitaire, magistrat par vocation, et qui est victime des moqueries de son entourage.

Le film, qui se déroule dans le nord de la France, montre les coulisses d’un procès d’assises d’une manière particulièrement réaliste et inédite. Aucun détail n’est laissé au hasard : la sonnette qui marque l’entrée de la cour, le tirage au sort des jurés, la possibilité de les récuser, le déroulement de l’audience, la nonchalance de certains avocats de la défense, les délibérations… On suit avec beaucoup d’entrain le procès, dont le but est de déterminer la culpabilité de l’accusé, brillamment interprété par Martial Beclin. Il est assez original d’avoir la possibilité d’entrer dans les coulisses d’une Cour d’assises, puisque hormis les magistrats et le jury, personne n’y a accès. 



L’autre point fort de ce film est évidemment la prestation de Fabrice Luchini. Connu pour sa parfaite éloquence et son sens du détail légendaire, ce rôle lui va à ravir. Même si le personnage de Président de Cour d’assises n’est pas traité en profondeur, Luchini l’interprète avec beaucoup de sobriété et il est tout simplement excellent. De plus, sa relation avec l’un des jurés, Ditte (l'excellente actrice de la série Borgen sur Arte), évidement impossible dans la réalité, est particulièrement touchante, tant le regard qu’il pose sur elle est pur et tendre. 

Luchini et l'actrice de Borgen dans L'Hermine : l'irruption de la douceur


Le scénario est particulièrement bien écrit, tous les éléments judiciaires étant véridiques. Néanmoins, ce film présente de nombreux défauts. Tout d’abord parce que le ton oscille entre la comédie romantique et le documentaire sur un procès d’assises, mais surtout parce qu’il est traité à la manière d’une pièce de théâtre : on regarde sans pouvoir rentrer dedans. De plus, l’intrigue est assez fragile et minimaliste. C’est dommage, car beaucoup d’éléments sont intéressants, mais le spectateur reste sur sa faim.



Note : 3/5

Auteur : Alexandra B.  
 

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