samedi 21 mars 2015

Piotr Anderszewski, la passion au bout des doigts


« La chose formidable avec le piano moderne, c’est qu’il peut suggérer beaucoup  d’instruments. Lorsque l’on joue Bach sur un piano, tout est dans la suggestion. » 

Piotr Anderszewski

Le grand pianiste Piotr Anderszewski revient avec une nouvelle interprétation d'un grand classique de Bach sur les traces du grand Richter. Pour ce pianiste polonais, qui conjugue beauté du geste, passion et désir d'absolu : "rien de pire qu'une interprétation lisse et sans saveur" .

Les Suites Anglaises revisitées

Plus que tout autre genre musical, la suite instrumentale fait renaître l’esprit du baroque.
Tandis que les deux autres grandes formes instrumentales alors en vigueur, le concerto et la sonate étaient originaires d’Italie, la suite de danse s’est développée en Europe du Nord. Elle était connue sous le nom de sett en Angleterre, mais fut cultivée principalement par les compositeurs français et allemands. Dans la tradition des clavecinistes français, la suite consistait en un choix assez libre de danses et pièces de caractère. Mais la tradition allemande, plus systématique, fixa rapidement quatre danses principales : l’allemande, la courante, la sarabande et la gigue. Ces quatre mouvements étaient fréquemment précédés d’un prélude, tandis que d’autres types de danse venaient se placer entre la sarabande et la gigue.

Le jeune Bach connaissait les deux traditions de la suite instrumentale. Parmi ce qui nous est parvenu de sa production pour clavier solo, on trouve une trentaine de suites, dont trois recueils : six Suites anglaises, six Suites françaises, ainsi que six Partitas. Les Suites anglaises sont les plus anciennes, probablement composées vers 1715 quand Bach résidait encore à Weimar et réunies pour former un recueil vers 1725 à Leipzig.


Piotr Anderszewski

10 tears after : une passion intacte


Voilà plus de 10 ans que Piotr Anderszewski enregistrait une première Suite anglaise (la 6ème)   au sein d’un un récital pour Erato .   Ce nouvel opus,  avec les  Suites 1, 3 et 5 rejoint aujourd’hui le catalogue de Warner Classics.

« Je garde toujours en tête que le clavecin était l’instrument à clavier le plus populaire (du temps de Bach). Mais je n’aimerais vraiment pas essayer de faire ou d’imiter le clavecin - car dans ce cas-là, j’aurais préféré jouer du clavecin ! Donc,  je garde à l’esprit  les limites  du clavecin, tout en utilisant toutes les possibilités expressives du piano de concert moderne, voilà le paradoxe  »

Lors de ses concerts consacrés à Bach en 2013, le New York Times écrivait : « il révèle toute la variété des timbres que peut offrir le piano moderne.» tandis que le Guardian cite « l’un des plus sublimes pianistes dont Londres a pu être témoin cette saison. »


« Tirer le fil : « Cette ligne qui nous mène de la première note à la dernière ». Telle est, selon les propres mots du pianiste Piotr Anderszewski, la principale difficulté de l’interprète. Cette quête de vérité et d’intention, cette insatiable recherche du phrasé le plus naturel ou de la ligne mélodique la plus évidente lui ont valu une réputation d’éternel insatisfait. »
Figaroscope – 27/02/2013

« (…) Le jeu est tout de suite dans une sorte d’urgence, sans rien d’errant ni d’erratique cependant. C’est tout simplement un piano qui se fout de l’heure et du temps, fonce dans le flux des notes (…). Et pourtant, que de nuances dans l’articulation (…) que de puissance dans le chassé-croisé des plans sonores. C’est un Bach épuré mais puissant qui déroule un monde immémorial et cependant habité : le silence dans la salle est presque déconcertant. »
Le Monde - Décembre 2010

Ci-dessous, le magnifique documentaire sur Arte (prix du meilleur documentaire)


Récital : prochain concert

Samedi 28 mars 2015
Théâtre des Champs-Elysées

Bach Ouverture à la française BWV 831
Schumann Novelette op. 21 n° 8
Szymanowski  Métopes, 3 poèmes op. 29
Bach Suite anglaise n° 3 BWV 808

Récital
Samedi 28 mars 2015
Théâtre des Champs-Elysées

Bach Ouverture à la française BWV 831
Schumann Novelette op. 21 n° 8
Szymanowski  Métopes, 3 poèmes op. 29
Bach Suite anglaise n° 3 BWV 808

Piotr Anderszewski, la passion au bout des doigts

En anglais (issu du site de Piotr)

Recognised for the intensity and originality of his interpretations, Piotr Anderszewski has been singled out for several high profile awards throughout his career, including the prestigious Gilmore award, given every four years to a pianist of exceptional talent.

He has also been the subject of two award-winning documentaries by the film maker Bruno Monsaingeon for ARTE. The first of these,Piotr Anderszewski plays the Diabelli Variations (2001) explores Anderszewski's particular relationship with Beethoven's opus 120, whilst the second, Piotr Anderszewski, Unquiet Traveller (2008) is an unusual artist portrait, capturing Anderszewski's reflections on music, performance and his Polish-Hungarian roots. A third film by Monsaingeon, Anderszewski Plays Schumann was made for Polish Television and first broadcast in 2010.

In the 2014-15 season Anderszewski can be heard in recital at the Wiener Konzerthaus, the Concertgebouw Amsterdam and New York 's Carnegie Hall. His orchestral engagements include appearances with the London Symphony Orchestra, the NHK Symphony Orchestra and the Wiener Symphoniker, as well as three appearances in Bamberg as part of a residency with the Bamberg Symphony Orchestra. Additional highlights include a series of recitals with the baritone Matthias Goerne and the release of an already-acclaimed CD of Bach's English Suites nos. 1, 3 and 5.



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