jeudi 12 février 2015

"Virage Nord" nouvelle mini-série sur les coulisses du Foot sur Arte

Un meurtre dans un stade et c’est toute la vie d’une petite ville du Nord qui bascule.

Nicolas Cazalé et Judith Davis, dans Virage Nord

Virage nord Une mini-série qui joue avec les codes du polar et plonge dans les coulisses d’un club de football.


"Une petite ville française, passionnée par son club de foot, est bouleversée par l’assassinat d’un supporter dans ses tribunes, en plein match. Alex, une fille du pays, revient pour enquêter au cœur de sa ville, de sa famille, et de leur passion dévorante pour le ballon rond."

Un club de football en crise, des destins piégés dans un engrenage fatal, peu d'espoir d'une vie meilleure pour ceux qui restent… Si Virage Nord est une série sur la survie dans une région dépeinte comme désœuvrée, elle évite haut la main les écueils qui auraient pu la guetter (le misérabilisme et la condescendance). Très habilement, Virginie Sauveur suit au plus près ces personnages sans s'appesantir sur la peinture sociale. L'action et le rythme y gagnent en efficacité, les personnages en puissance, ce qui ne prive pas Virage Nord d'un ancrage dans la réalité locale, notamment en portant le regard sur l'importance du football dans la vie collective de certaines villes. Un polar qui a le sens du contre-pied.


Une ambiance à la "The Killing"


Dans une ambiance qui n'est pas sans rappeler les séries anglaises ou nordiques, Virginie Sauveur
filme avec sensibilité le retour d'une jeune enquêtrice dans la région qu'elle a fuie quelques années plus tôt rappelle Top of the lake, de Jane Campion. L'atmosphère, tantôt glaçante et tantôt ouatée, évoque, elle, la série scandinave Bron-The Bridge ou l'excellent et glauque à souhait The killing.


"Virage Nord" a reçu le prix de la meilleure série au Festival de la Fiction TV de la Rochelle 2014

Les personnages

belle, rebelle et determinée : Alexandra Perrucci (Judith Davis)




Alexandra Perrucci (Judith Davis)

L'héroïne de la série est avant tout une personnalité déterminée aux décisions inflexibles. Sa volonté de fer lui a permis de gravir les échelons dans la police, où elle occupe, à 30 ans, le grade de capitaine. Lorsqu'elle apprend que sa sœur est soupçonnée de meurtre, elle n'hésite pas à revenir dans son Nord natal pour se mêler d'une enquête dont elle n'est officiellement pas chargée. Mais si elle marche sur les plates-bandes de ses collègues et s'avère plutôt rétive à la discipline, ses intuitions et ses initiatives font merveille : c'est elle qui, bravant les risques et les interdits, permet à l'enquête de rebondir. Un personnage original dans un univers du polar en général très masculin.



Nicolas Couturier (Nicolas Cazalé)
Avant tout frère inconsolable de Yorick, le jeune homme assassiné, il va au fil de la série prendre une épaisseur dramatique peu commune. Le carton rouge que reçoit ce footballeur impulsif lors du match funeste ne sera pas sans incidence sur l'enquête. Son premier contact avec Alexandra Perrucci est désastreux mais peu à peu leurs relations se réchauffent... Plus ambigu qu'il n'y paraît, Nicolas semble porteur d'un secret inavouable... surtout à sa nouvelle conquête. Un doute le taraude : aurait-il sans le vouloir joué un rôle dans la mort de Yorick ? Un personnage clé, symbole de tous les non-dits qui entourent parfois la gestion d'un club de foot.



Mathilde Perrucci (Olivia Ross)
La sœur de la policière Alexandra Perrucci a tout contre elle : on la retrouve dans les travées du stade en pleurs, un couteau ensanglanté dans la main, qui se révélera être l'arme du crime. De plus, ses SMS semblent indiquer une liaison avec la victime. Mais si elle trouve en "Alex" une alliée efficace, elle apparaît au final comme un des personnages les plus tragiques de la série, prise au piège d'une vie qui ne cesse de l'éprouver.

Interview de Virginie Sauveur, réalisatrice de "Virage Nord".




Dans Virage Nord, le meurtre d'un supporter en tribunes révèle les pratiques cachées d'un club de foot. Un polar en trois épisodes alertes et offensifs qui multiplient les fausses pistes. Interview droit au but avec sa réalisatrice, Virginie Sauveur.




Le père d'Alexandra : Virage Nord


Virage Nord est-elle une série sur le football ou sur le Nord ?
Virginie Sauveur : C'est avant tout un polar qui s'attache à des destins, à des personnages forts. Nous n'avions ni l'envie ni la prétention de raconter ce qu'est le football de haut niveau. Le milieu sportif constitue ici un décor dramatique, comme le stade où a eu lieu le meurtre du gamin. Nous avons fait attention à écrire une intrigue qui tienne la route dans ce cadre-là, avec des situations troublantes et excitantes.

Vous êtes-vous inspirée de faits réels pour imaginer l'histoire de corruption sportive ?
Non. Avec mes coauteures, Raphaëlle Roudaut et Clara Bourreau, nous avions décidé de ne pas brider notre imagination. Mais nous avons demandé à Vincent Duluc, un très bon journaliste de L'équipe, de relire notre scénario. Nous voulions être certaines que nos ressorts dramatiques fonctionnaient. Nous doutions notamment qu'un entraîneur puisse réellement ignorer les magouilles de son président. "Si, nous a dit Vincent Duluc, ça arrive souvent !" Depuis quelques semaines, des affaires de corruption ont d'ailleurs éclaté dans certains clubs de Ligue 2, comme à Nîmes ou à Dijon. Est-ce la réalité qui rejoint la fiction ou le contraire ?

Nicolas Cazalé : Virage Nord


Certaines villes sont-elles trop dépendantes du football ?
Oui. C'est ce que nous avions vraiment envie de montrer : comment une petite ville peut survivre grâce à un club ; puis comment ses habitants se retrouvent déboussolés, mis à mal, si celui-ci s'effondre. D'ailleurs, nous avons décidé d'inventer le nom d'une municipalité imaginaire, car aucune ville ne voulait apparaître dans un film où l'honneur d'un club était sali. Nous n'avons pas pu non plus utiliser les termes "Ligue 1" et "Ligue 2", car ce sont des marques déposées. Nous sommes revenus à "D1" et "D2", j'espère que les spectateurs ne vont pas attribuer cela à notre ignorance !

Vos personnages semblent pris au piège de leur propre milieu. Pour qu'ils s'en sortent, ils doivent partir. Est-ce caractéristique du Nord ?
Non, dans le Sud, l'histoire aurait été la même, sauf que nous n'aurions pas eu la même lumière. Mais moi, je préfère travailler dans le froid plutôt que dans la chaleur. Mon équipe me demande toujours pourquoi on tourne en hiver... L'émancipation passe souvent par le départ. Partir, c'est aussi prendre son destin en main, surtout dans une ville comme celle que nous avons montrée, très repliée sur elle-même.


 Alexandra Perrucci (Judith Davis)

Minisérie de Virginie Sauveur (France, 2014, 3x52mn)
Scénario : Raphaëlle Roudaut, Clara Bourreau et Virginie Sauveur d'après une idée originale d'Arnaud Louvet
Avec : Judith Davis (Alexandra Perrucci), Nicolas Cazalé (Nicolas Couturier), Nina Meurisse (Jessica), Christophe Kourotchkine (Franck Perrucci), Olivia Ross (Mathilde Perrucci), Théo Cholbi (Alan), Mhamed Arezki (Icham)
Image : Kika Ungaro
Montage : Gwen Mallauran
Musique : François-Eudes Chanfrault
Coproduction : ARTE France, Æternam Films, Pictanovo, Cofinova 10, TV5 Monde

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