mercredi 1 octobre 2014

Xavier Dolan : instants de bonheur à l'avant-première de Mommy

Le cinéma est un art vraiment populaire : merci Xavier Dolan !

Xavier Dolan, très ému à l'AVP de Mommy à Paris (MK2)
©YvesSinno


Libre, beau, passionné, Xavier Dolan était hier une star mais il ne le sait pas encore.

Hier soir le tout Paris était présent à l'avant-première de son dernier film Mommy au MK2 Bibliothèque : le Ministre de la Culture (Jack Lang) la famille Karmitz, Pierre Niney de la comédie française, le Saint Laurent de Jalil Lespert, Claire Tran actrice dans le magnifique Sils Maria d'Assayas, et des hordes de fans, hommes et femmes, à la recherche d'autographes, d'un geste ou d'un regard de Xavier Dolan. Et le public, venu en masse pour tenter sa chance pour assister à cette AVP une peu spéciale. Le cinéma devient à certains moments magiques cet art si populaire (dans le bon sens du terme) qu'il permet de mêler grands acteurs ou réalisateurs très connus avec le public.

recherche une place désespérément pour le film Mommy de Xavier Dolan


Il y avait beaucoup d'émotions lors de cette AVP qui reçu une belle ovation à la fin du film, beaucoup de rires aussi dans la salle car il y a de la tension, de l'amour, mais aussi de l'humour dans le film magnifique de Xavier Dolan.


Xavier Dolan un peu tendu avant son AVP parisienne de Mommy 
Alors aujourd'hui, nous ne parlerons pas plus de Mommy,  mais nous lui donnerons simplement la parole :

Depuis mon premier film, j’ai beaucoup parlé d’amour.

J’ai parlé d’adolescence, de séquestration et de transsexualisme. De Jackson Pollock, des années 90,
d’ostracisme et d’homophobie. J’ai aussi parlé de pensionnats et du mot “spécial”, du train des vaches, de cristallisation de l’amour telle que conçue par Stendhal et du syndrome de Stockholm. J’ai parlé, joué, et j’ai parlé mal, j’ai sacré comme un charretier, parlé l’Anglais parfois, et parlé à travers mon chapeau plus souvent qu’à mon tour, je suppose.

Bref, quand on “parle” de quelque chose, il y a forcément ce risque pratiquement inéluctable de dire n’importe quoi. C’est bien pourquoi j’ai toujours choisi des sujets près de moi, plus ou moins ; des sujets qu’on maîtrise de manière relative parce qu’on connaît sa propre différence et sa banlieue, parce qu’on sait toute l’étendue de la peur de l’autre, les mensonges où l’on se conditionne à vivre caché, ou l’amour stérile que l’on prodigue avec sottise à des voleurs de temps. Ce sont des choses que j’ai connues d’assez près pour m’atteler à les raconter.

Mais s’il est un sujet que je connaisse sous toutes ses coutures, qui m’inspire inconditionnellement, et
que j’aime par-dessus tout, c’est bien ma mère. Quand je dis ma mère, je pense que je veux dire LA mère en général, sa figure, son rôle. Car c’est vers elle que je reviens toujours. C’est elle que je veux voir gagner la  bataille, elle à qui je veux écrire des problèmes pour qu’elle ait toute la gloire de les régler, elle à travers qui je me pose des questions, elle qui criera quand nous nous taisons, qui aura raison quand nous avons tort, c’est elle, quoi qu’on fasse, qui aura le dernier mot, dans ma vie.

A l’époque de J’ai tué ma mère, j’avais voulu, je pense, punir ma mère. Seulement cinq ans ont passé depuis, mais je crois bien qu’aujourd’hui, à travers Mommy, j’essaie maintenant de la venger. Allez  comprendre.


— Xavier Dolan, Mai 2014

Signature d'autographes pour l'AVP de Mommy (Xavier Dolan, Anne Dorval)
Anne Dorval, Xavier Dolan, Antoine Pilon 
Xavier Dolan, Anne Dorval, Thierry Frémaux


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