mardi 23 septembre 2014

Benjamin Clementine : Désillusions amoureuses, fêlures familiales, errances solitaires

Benjamin Clementine au Grand Journal


Il est des voix capables de vous transporter dans un ailleurs inoubliable, des silhouettes marquant l’esprit et le cœur dès la première seconde : Benjamin Clementine ne laisse pas indifférent.

Benjamin Clementine

Les traces indélébiles laissées par les concerts de Benjamin Clementine aiguisent depuis des mois notre appétit de chansons. Plus d’un an déjà que Cornerstone, son premier EP, a dressé les poils des échines et noué les cœurs, avant que les communions live finissent de convaincre de la dimension unique de ce garçon. En prélude d’un album qui chauffe encore à blanc les pistes d’un studio londonien, l’Anglais livre enfin, avec Glorious You, le second chapitre de son autobiographie musicale.


Dans ces quatre nouveaux titres, comme dans toutes les chansons qu’il a composées jusque-là, ce sont en effet les histoires douloureuses et sensuelles de sa jeune vie qui nourrissent exclusivement l’intensité et l’originalité de son expression. Cette volonté, presque conceptuelle, de se confier conditionne dans le même temps son désir de façonner des formes ne ressemblant à rien d’autres qu’à son propre univers.





D’où vient ce piano qui rythme une berceuse sous tension, avant de s’élancer avec lyrisme, puis de s’arrêter par surprise ? Quel cinéaste a imaginé ces bouffées de cordes nimbant de mélancolie une mélodie qui apostrophe autant qu’elle émeut ? Quel chanteur a déjà osé ces acrobaties tripales, balançant entre délicatesse, drame et rudesse animale ? On peut sans doute entendre là du Satie, du Screamin’ Jay Hawkins, du Cohen, du Gershwin, du Léo Ferré… Se dessinent surtout là la singularité d’un artiste de 25 ans, dont le destin a basculé quand il a traversé la Manche.

Il y a cinq ans, Benjamin Clementine prend en effet un aller simple pour l’aventure parisienne. Les frustrations londoniennes et familiales l’ont poussé à ce coup de tête.

Grandi dans le sud de Londres, avant de déménager au nord, dans le quartier d’Edmonton (qui donne le titre d’une de ses chansons), il avait senti naître sa vocation en s’essayant au théâtre, en s’initiant au piano classique, à l’âge de 10 ans, en se passionnant pour le rock comme pour l’opéra et Maria Callas. Mais pour assumer le choix de la création, pas d’autre issue que de larguer les amarres.




Débarqué en France, Benjamin connaît d’abord des mois de galère. Persuadé qu’il est ici maître de son destin, il refuse de se décourager et survit en jouant dans le métro, à la guitare, un répertoire de reprises. Il y forge sa voix profonde, sa capacité à capter l’attention.




En France, il s’initie aussi au patrimoine d’une chanson - Brel, Ferré, Aznavour…- qui le bouleverse et le pousse à libérer ses mots et sa sensibilité. Repéré sur la ligne 2 par des producteurs français, il décuple son intensité en mettant enfin en musique ses propres textes.





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